Curation, veille : voc de... doc, mais pas que, en débat! (1)

Publié le par Prof-doc en CDI (collège)

Quelques mots qui peuvent concerner le métier et qui m'interrogent ...

 

- Curation* : est le résultat de deux activités, la recherche et le partage d'informations sur internet, pratique traditionnelle sur internet à laquelle s'ajoute l'éditorialisation de l'information sélectionnée. La curation repose donc sur une veille, une sélection (abonnement à des clients de syndication -RSS) de l'information, un partage de celle-ci sous forme d'éditorialisation (utilisation d'outils pour une mise en valeur visuelle et commentée) et une capitalisation, un stockage de documents et de favoris de celle-ci. La pratique de partage s'est développée avec le développement des outils collaboratifs du web 2.0. Elle n'exclut pas la recherche d'une e-réputation . Elle est un « remède à l'information overload ».

En questions, un « égo-partage » : 

  • Si je suis «curator», je vais donc sélectionner des contenus que je trouve intéressant, je vais les partager auprès de ma communauté grâce à mon blog, mon compte Twitter par exemple. Je lutte donc contre le trop d'informations/opinions mais quelque part aussi je soigne mon e-réputation!
  • Si je suis curator, suis-je en éditant un document avec scoop-it par exemple rédacteur et/ou éditeur? Est-ce que je ne bénéficie pas du travail fait par autrui même si je renvoie vers l'article originel et permet d'augmenter l'audience par propulsion?
  • Si je cherche de la documentation, comment être efficace ? Le phénomène de duplication ne gène-t-il pas la veille professionnelle par exemple? Comment éviter le bruit ?

* Définition nourrie par l'analyse de Christophe Deschamps, consultant-formateur en veille et intelligence économique,

En savoir plus :

 

- Socialbookmaking : désigne et le partage de bookmarks (signets) pour un site Web public et le fait de les "tagguer" avec des mots-clés. Il permet donc la mise en mémoire, en favoris sur son ordinateur d'adresses de sites. Des outils comme diigo ou delicious permettent de collectionner des signets et de les partager en publics ou en privés en fonction de tags.

Le classement se fait par folksonomie c'est-à-dire par un système de classification composé de tags (mot-clés) non issus de thésaurus, proposés donc par des « non-spécialistes» de façon libre.

En débat, la notion d'expertise  :

  • expert / non expert : comment les connaître, les repérer? 
  • Comment savoir chaque information renvoyée est valide, fiable?

 

 

- Les outils de curation ont une thématique donnée, ils peuvent être :

  • Scoop.it
  • Pearltrees,
  • paper.li....

 

 

- Appartenir à une communauté, permet de lutter contre le trop d'informations, permet de gagner du temps, de se nourrir rapidement avec des informations sélectionnées par des curators que j'ai sélectionnés, je peux réagir plus vite, avancer plus vite dans ma réflexion.

En débat :

  • Mais je peux passer à côté de certaines informations (si je n'appartiens pas à la bonne communauté), je réduis mon champ de découvertes. Je suis dans le temps réel. Une information qui pourrait être intéressante si elle n'est pas retenue et reprise par la communauté tombe dans l'oubli.

 

 

- Etre professeure-documentaliste à l'ère du web 2.0, est-ce être e-documentaliste?

En débat :

  • l'insuffisance des seuls moteurs de recherche conduit à un réinvestissement de l'environnement numérique par l'humain : le curator.
  • Mais le curator ne crée pas de contenu, il le contextualise, il le met en scène.Il copie/colle, copie /commente. ... Sauf si l'outil est détourné : un scoop-it peut devenir un outil de publication de nos documents par exemple.

 

- Etre e-documentaliste pour, par exemple :

  • mieux communiquer sur notre travail pédagogique,
  • faciliter l'accès aux informations des élèves,
  • suivre l'actualité, réflexions professionnelles.

 

  • Mais sur quel temps? Mais quelle formation? Qui est chargé d'analyser les outils et de proposer des utilisations pédagogiques? Que doit-on abandonner?

 

Pour moi, ces outils restent  souvent sur le plan de la veille les "caillous blancs" qui me permettent de trouver les références, les livres que j'ai plaisir à lire, à tenter de comprendre...

Curation, veille : voc de... doc, mais pas que, en débat!  (1)
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Didacdoc 23/01/2013 11:03

Bonjour,
cette idée m'interroge aussi sur les choix conscients ou non que faisons : lorsque j'écris ou choisis un article, ne le "fais-je" pas (pas très heureux comme formulation :)) en fonction de la popularité qu'il est susceptible d'avoir? Cela rejoint la question du "signal".; de l'oubli que j'aborderai dans un prochain billet... "Autorité" et "popularité" oui deux notions en interaction qui peuvent parfois prendre le pas l'une sur l'autre d'où le bruit ...Mais peut-être est-lié à l'origine du mot : au sens politique l'autorité comportait une majesté donc une forme de popularité. le roi avait de l'autorité "auprès de" , là le rapport est inversé : ce sont les lecteurs followers qui rendent ou non populaires. Ou plus précisément les communautés ont des "leaders" qui propulsent tel article, les "leaders" se lisent et propulsent par effet boule de neige.

LaTermitiere 23/01/2013 00:54

J'aime pas mal cette notion d'ego partage qui effectivement m'interroge depuis si longtemps... La course aux views, RT, followers qui floutent parfois la frontière entre autorité et popularité

MlleK. 20/01/2013 12:44

Concernant la curation, je suis partagée : en diffusant des contenus sur les plateformes de curation, j'ai peur que l'on se retrouve noyé sous un flot d'information (rien que quand on fait une recherche sur un moteur, on tombe sur des tonnes de scoop it ! et compagnie : pollution !). La curation qui permet de rendre visible l'information pourrait avoir l'effet inverse. La veille aujourd'hui permet d'anticiper, notamment en repérant les «signaux faibles» mais avec le développement de l'activité de curation, je m'interroge sur l'utilité des médias sociaux dans le repérage de ces signaux faibles : vont-ils faciliter leur repérage ou au contraire vont-ils restreindre le champs de la veille et empêcher le repérage d'un plus grand nombre ?

Didacdoc 20/01/2013 14:01

Bonjour,
je suis interpellée aussi par cette ambivalence. Mais d'une certaine façon elle me rassure car peut-être qu'en dernière analyse l'humain reprend la main : les outils sans la réflexion sont sans intérêt. Et peut-être que tout ne se passe sur Internet : la réflexion a besoin de calme, de temps long, d'écrits. Il y a quelque part un équilibre à tenir entre l'appartenance à une communauté (on gagne malgré tout du temps et la stérilité possible de la pensée ) et la découverte de signaux liés à d'autres domaines et qui pourraient nourrir la pensée (exemple : la sociologie ou l'anthropologie peuvent nourrir la pensée historique).