Le professeur-documentaliste : médiateur de l'information AUSSI? ( Architecture de l'information (3))

Publié le par Prof-doc en CDI (collège)

ceon face à l'oligopole du Web
Jean-Michel SALAÜN Vu, lu, su. Les architectes de l'information face à l'oligopole du Web. Edition la découverte

 

Notes personnelles de lecture de cet essai à la lumière de la fonction de ma fonction : professeure-documentaliste. Je n'ai retenu que les passages qui m'inspiraient un lien direct avec le métier ou en tout cas avec ma façon d'interpréter mon rôle de professeure-documentaliste.

   

  • Si le web peut être analysé sous l'angle documentaire alors il est un média comme un autre -une forme hybride certes, mais un document tout de même. Il est donc un objet légitime d'étude pour le prof-doc, il est donc tout aussi légitime de former les élèves à son usage, ses avantages ses limites (Evidemment les journées devront avoir 60 H:))

  • Le rapport à la mémoire (cf problématique classe APAc contes)

  • Comment et pourquoi résister aux géants de la toile en tant que prof-doc spécifiquement ?

  • L'auteur note que la BIBLIOTHEQUE favorisait travail et attention, par un fonds documentaire sélectionné par des professionnels, ce qui évite de « perdre l’attention du lecteur dans une surabondance ». La bibliothèque permet mutualisation des ressources et la sérendipité

  • donc légitimation du travail de mise à disposition des sites pour les élèves par les profs-doc

  • mobilisation de l'attention des élèves par un « choix raisonné » des ressources

  • Valeurs ajoutées du web : mutualisation

  • la mise en valeur du fonds papier par le numérique un moyen de guider les élèves à partir d'un outil qui les séduit d'emblée.

  • web = document = porteur d'information et = insertion des documents dans un ensemble où ils sont en interrelation

  • Document = support+ informations or un document n'est efficient que si les 3 dimensions réunies donc il est de la responsabilité du prof-doc de trouver les outils numériques qui favorisent la transmission, la découverte des ressources « bibliothèque » et des ressources numériques par les élèves selon les trois dimensions (Lu : mise à disposition, Vu : mis en valeur, Su : mise en partage. Coucou MDD)

  • Concernant le « lu », notre rôle d'enseignant prend toute sa valeur : donner les codes aux élèves pour qu'ils puissent repérer tous textes (savoir repérer les types de textes par exemple ) mais aussi les lire et les comprendre : là, la multiplicité des actions pour donner le goût de lire, pour faciliter la lecture trouvent toute leur place.

-->Mais aussi ne pas oublier la lecture de l'image et du son.

  • Avec le su, on est du côté de la citoyenneté : se comprendre à la lumière du document passé pour pouvoir avancer (classe APAC conte : problématique de cette année) .

Mais cette lecture n'est elle pas trop « historienne » Le document dans cette dimension est lu comme une source... Une séquence pédagogique en histoire ou en latin peut être faite pour distinguer ces deux notions.

  • Selon l'auteur le document change de statut :

  1. l'hypertexte interne au document permet de passer à un autre document : le document a donc une dimension supplémentaire celle d'accès à un autre document sélectionné.

  • donc travailler avec les élèves sur l'hypertexte mais aussi repérage des mots clés sur un texte par exemple. (compétence : lecture rapide/sélection)

  1. Mais ce renvoi d'un texte à l'autre n'est pas aléatoire. Il faut donc aussi enseigner le repérage des sources pour connaître la fiabilité des sources..

  2. Pour l'auteur les auteurs constituent la bibliothèque alors que ce sont les lecteurs qui déterminent le classement et donc l’accès à certains documents. Vision optimiste du classement des documents par … google ! Qui indexe vraiment les documents ?

  3. Comment se guider dans les communautés ? Quels critères donner aux élèves?

  4. Le néodocument et les pbs posés :

  5. Architecte de l'information, archithécaire ? Dans tous les cas prof-doc un métier toujours multiforme et en évolution constante devant inclure désormais aussi la dimension « architecte de l'information » et bibliothécaire.

A la lumière de cet essai des actions pédagogiques sont à envisager :

  • Valorisation des documents « bibliothèques » ou des documents créés par les élèves en fonction des différents modèles.

  • Si « Je est un document «  alors « l'internet responsable » est vraiment à enseigner , la « présence numérique » en particulier à rappeler, informer (alerter?) sur les conséquences possibles des « timeline » par exemple. Avec les « social graph » l'enjeu est tout de même la mise en valeur des informations par le critère popularité et non fiabilité... Là encore : nécessité d'une formation !

D'ailleurs comment aider à choisir une communauté? Quels critères?

Ce que j'ai envie de retenir :

  • « La bibliothèque est le média du temps long. » (p. 103), celui de l'attention et du travail. L'avènement du web ne signifie pas la fin d'une époque mais à la lumière de la redocumentarisation du monde une nouvelle époque qui n’exclut ni la bibliothèque, ni le livre.

  • Sur le plan pédagogique, il me semble d’ailleurs que lorsque l'on lit à l'oral des textes, des albums aux grands pratiquants du net que sont les élèves on capte leur attention avec un objet livre parfois magnifique et l'on partage un temps de lecture essentiel qui génère bien souvent des emprunts.

  • Autrement dit, il me semble que l'on devrait prendre, avoir le temps d'enseigner ce qu'est le web, d'enseigner comment l'utiliser, comment faire des recherches sur le net (copier/coller-copier/créer -document de collecte) et que cet enseignement n'exclut pas l'apprentissage du document livre, le partage des grands textes et d'un patrimoine commun disponible aussi d'ailleurs sur le net !

Une question annexe : l'apprentissage des grands textes ne pourrait-il pas se faire grâce au théâtre et essentiellement d'abord par le théâtre et la lecture à haute voix? 

  • Ces univers coexistent et sont en interrelation . Il semble pour longtemps encore si nous savons offrir aux élèves des temps de silence, des temps cocoon pour une « lecture individuelle en groupe adolescents ». Des temps « bibliothèques » où concentration et attention pussent se développer dans le calme, un luxe que bien des élèves ne connaissent plus ! 

 

Notre fonction toujours cadrée par la « mission » de 1986 peut décidémment être interprétée de mille et une façon... A la lumière de cet essai, s'ouvre devant nous de nouveaux territoires mais les anciennes terres sont toujours à explorer... Et peut être que les cultures de ces deux mondes s'éclaireront nous éclaireront vers une nouvelle citoyenneté.

Commenter cet article

Mesdocsdedoc 09/12/2012

Super article, mais tellement dense ! J'aime beaucoup l'appropriation pédagogique que tu fais de l'analyse de Salaün : en effet si son modèle est centré exclusivement sur le monde des bibliothèques, ne pouvons nous pas nous appuyer dessus en intégrant un angle formation à la culture informationnelle ? Je me fais un copié-collé de ton billet, histoire de pouvoir surligner ce qui me parle le plus ; je t'en reparle dès que j'ai assimilé tout ça. Merci !