Inciter à lire, à écrire et à réfléchir!

Publié le par Prof-doc

Ecrire en extérieur...

Jeudi matin, la classe de 3ème B, était invitée dans le cadre d'une séquence français et de documentation à prendre des notes dans la rue principale de la ville afin de réaliser une description précise et réaliste à la « Zola » de la ville dans son quotidien. L'objectif avoué de leur professeure de français et de leur professeure-documentaliste : lutter contre l'angoisse de la page blanche, permettre à chaque élève d'écrire.

 

Un événement lors de cette « écriture de rue » a interpellé les élèves : un homme drôlement habillé a pris en photo les bâtiments, le groupe et leur professeure d'anglais qui sortait «  par hasard » de la boulangerie a rappelé le droit à la propriété de l'image et a demandé la pellicule lors d'une scène où le ton montait.

 

Car il s'agissait bien d'un sketch interprété par les personnels du collège. Le "personnage étrange" était joué par l'intendant, la boulangère était aussi dans la confidence.

Une séance aux implications citoyennes car il s'agissait de conduire les élèves à réfléchir :

  • sur le droit à l'image et de rappeler que l'on n'a pas le droit de prendre ou d'être pris en photographie sans autorisation.
  • sur la fragilité et donc la fiabilité des témoignages, en justice par exemple  : lorsque la séance a été analysée avec les élèves, chacun y est allé de sa description... Quand certains ont vu un chapeau gris, d'autres en ont vu un noir, d'autres encore un mauve... « L'homme étrange » portait pour certains un manteau, pour un autre une cape. En fait, il était vétu d'un imperméable dont la couleur a été perçue là aussi de façon différente. La responsabilité en jeu et la variabilité des perceptions a donc été signalées. Un témoignage doit être réfléchi et confronté à d'autres témoignages !
  • Sur la rumeur : Avant le départ du collège, les élèves ont tous vu le chapeau porté par « l'homme étrange ». C'était un indice ... Et pourtant, associé à d'autres événements, les élèves ont douté certes et en même temps pour certains d'entre eux « c'était possible ». Il a été rappelé à ce propos qu'il n'est jamais bon de rapporter des faits dont on est pas sûr car rapidement ils peuvent prendre des proportions importantes, et ne plus avoir beaucoup de lien avec la réalité. Une fois encore la vigilance a été évoquée afin de ne pas colporter des bruits qui peuvent nuire à une personne voire détruire sa réputation.
  • Sur la manipulation : cela a été l'occasion de noter comment « on peut faire croire à la réalité d'un événement ». Les élèves germanistes ont fait le lien avec le nazisme et le film « la vague » qui évoque comment on peut conduire un groupe à se comporter ou à penser d'une certaine façon.
  • Mais un dernier objectif était visé : donner envie de lire.

L'organisation de cette séquence est née d'une lecture : « Seuls dans la ville de 9h à 10h30 » d'Yves Grevet.

Cet auteur qui rencontrera les élèves de 3ème B le jeudi 15 novembre 2012 a imaginé qu'un professeur de français demandait à ses élèves de se poster à différents endroits d'une ville pour faire une description. Les différentes copies par recoupement permettront de mener une enquête.Lorsque nous avons proposé ce « gros » livre à lire aux élèves : une forêt de doigts s'est levée.

 

Bien des objectifs ont été atteint lors de cette « expérience impressionnante » selon l'un des élèves, cette acitivité  étonnante pour un autre car  « comment pouvons-nous voir des choses différentes ? » et qui a pu les impressionner par ailleurs.

Ce temps d'enseignement aux facettes multiples a ainsi permis à nos élèves d'écrire un texte du jour au lendemain, les a pour beaucoup engagés à lire et enfin les a tous positionnés en tant que citoyens. Nul doute qu'ils n'oublieront pas les réflexions suggérées par ce jeu de rôle.  A noter une atitude irréprochable dans la ville et lors de la séquence suivante d'analyse !

Synthèse, retour bilan  su pédagogie :

  • les élèves ont écrit un texte descriptif du jour au lendemain.
  • Les élèves ont souhaité lire pour beaucoup un livre épais
  • un échange a eu lieu sur « l'événement »
  • Le droit à la propriété de l'image a été rappelé
  • la fragilité des témoignages a été soulignée
  • la vitesse à laquelle prend une rumeur reprise avec les élèves.
  • Le groupe a été d'une certaine façon « manipulé » , le risque a été évoqué en relation avec le fait divers évoqué dans « la vague ».

A modifier :

  • Les textes devront être repris pour être enrichis !
  • Nous aurions dû donner enfin de journée et non le lendemain matin le « fin mot » de l'histoire. Certains élèves se sont inquiétés.
  • Les livres auront-ils été vraiment lus pendant ces vacances ?

 

Bibliographie

- Grevet, Yves. Seuls dans la ville de 9h à 10h30. syros, 2011

- Strasser, todd. La vague. pocket, 2009

- Kampmann, Stefani. La vague, roman graphique. Gawsewitch, 2009

- Zola, Emile.- Le ventre de Paris. LGF, 2006

 

Une équipe (professeure, intendant) interprètent un jeu de rôle dans le cadre d'un projet français/documentation
Une équipe (professeure, intendant) interprètent un jeu de rôle dans le cadre d'un projet français/documentation

Une équipe (professeure, intendant) interprètent un jeu de rôle dans le cadre d'un projet français/documentation

« expérience impressionnante », une activité "étonnante" car « comment pouvons-nous voir des choses différentes ? »

Elèves

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